Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/362

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fait à l’improviste pour les Russes, fit franchir à ses troupes la Kolotcha. Les Russes n’ayant pas le temps d’entrer dans la bataille générale reculèrent avec leur aile gauche de la position qu’ils avaient l’intention d’occuper et ils en prirent une qui n’était ni prévue ni fortifiée. En passant sur la rive gauche de la Kolotcha, à gauche de la route, Napoléon déplaça toute la bataille de droite à gauche (du côté des Russes) et la transporta entre Outitza, Séméonovskoié et Borodino dans ce champ qui n’avait rien de plus avantageux, comme position, que n’importe quel autre, et où se passa toute la bataille du 26).

Dans sa forme grossière le plan de cette bataille supposée et de celle qui eut lieu sera celui-ci :

Si, le soir du 24, Napoléon n’était pas parti à Kolotcha et n’avait pas ordonné d’attaquer la redoute le soir même, mais eut commencé l’attaque le lendemain matin, personne ne contredirait que la redoute de Schévardine était le flanc gauche de notre position et la bataille aurait eu lieu comme nous l’attendions. Dans ce cas, nous défendrions sans doute avec encore plus d’obstination la redoute de Schévardine, notre flanc gauche ; nous aurions attaqué Napoléon au centre ou à droite, et, le 24, la bataille générale aurait été livrée dans la position fortifiée et prévue. Mais comme l’attaque de notre flanc gauche eut lieu le soir, après la retraite de notre arrière-garde, c’est-à-dire immédiatement