Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/397

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En même temps, un homme se heurtait contre quelque chose.

Le prince André regarda de l’intérieur du hangar et aperçut Pierre qui s’approchait de lui et faillit tomber en se heurtant contre un morceau de bois. En général, il était désagréable au prince André de voir des gens de son monde, surtout Pierre qui lui rappelait tous les moments pénibles qu’il avait traversés lors de son dernier séjour à Moscou.

— Ah ! voilà ! Quel bon vent ? Ma foi, je ne comptais pas, dit-il.

Pendant qu’il prononçait ces mots, dans ses yeux et dans toute l’expression de son visage, il y avait plus que de la sécheresse, mais de l’hostilité. Pierre le remarqua aussitôt.

Il s’approchait du hangar dans la disposition d’esprit la plus animée, mais en apercevant l’expression du visage du prince André, il se sentit gêné, gauche.

— Je suis arrivé… comme ça… Savez-vous, je suis arrivé… Ça m’intéresse, dit Pierre, qui ce jour-là avait déjà répété maintes fois : « Ça m’intéresse ». J’ai voulu voir la bataille.

— Oui, oui. Et les frères maçons, que disent-ils de la guerre ? Comment l’empêcher ! dit ironiquement le prince André. — Eh bien ! qu’y a-t-il à Moscou ? Que font les miens ? Sont-ils enfin arrivés à Moscou ? demanda-t-il sérieusement.