Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/447

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s’il ne savait pas ce que maintenant il devait faire de lui.

— Ne vous inquiétez pas, j’irai au mamelon. Peut-on ? dit Pierre.

— Oui, allez, de là on voit tout et ce n’est pas si dangereux, je reviendrai vous prendre.

Pierre alla à la batterie et l’aide de camp partit plus loin. Ils ne se revirent plus et déjà beaucoup plus tard, Pierre apprit que ce même jour, cet aide de camp avait eu le bras arraché.

Le mamelon où Pierre monta était ce célèbre endroit (connu ensuite des Russes sous le nom de batterie du mamelon ou batterie de Raïevsky et des Français sous le nom de la grande redoute, la fatale redoute, la redoute du centre) autour duquel tombèrent une dizaine de mille hommes et que les Français considéraient comme la clef de voûte de la position.

Cette redoute était composée du mamelon autour duquel, de trois côtés, était creusé un fossé.

Sur l’endroit entouré de fossés se trouvaient dix canons en action dirigés vers les embrasures des remparts.

Sur la même ligne que le mamelon, de chaque côté, il y avait aussi des canons qui tiraient sans cesse. Un peu en arrière se trouvaient les troupes d’infanterie. En montant sur ce mamelon, Pierre ne pensait nullement que cet endroit, entouré de petits fossés sur lesquels étaient placés et tiraient