Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/490

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


douloureux, ils se regardèrent entre eux et le laissèrent.

— Prends ! Mets-le. Ça ne fait rien ! dit une voix.

Ils le prirent une seconde fois par les épaules et le mirent sur le brancard.

— Ah ! mon Dieu ! mon Dieu ! Est-ce possible ! Le ventre ! C’est la fin ! Ah ! mon Dieu ! entendait-on parmi les officiers.

— Elle m’a sifflé devant l’oreille, à un cheveu, disait l’aide de camp.

Les paysans, ayant installé le brancard sur leurs épaules, suivaient hâtivement le sentier vers l’ambulance.

— Marchez au pas ! hé ! les paysans ! cria l’officier en arrêtant par l’épaule ceux qui ne marchaient pas régulièrement et secouaient le brancard.

— Arrange-toi, eh ! Fédor ! disait le paysan de devant.

— Voilà ! ça va bien ! fit joyeusement celui de derrière en tombant au pas.

— Excellence ! prince ! dit Timokhine d’une voix tremblante, en accourant et regardant le brancard.

Le prince André ouvrit les yeux ; il regarda à travers le brancard, où sa tête retomba lourdement, celui qui parlait, et de nouveau ferma les paupières.

Les miliciens apportèrent le prince André près de la forêt où étaient les chariots et l’ambulance.

L’ambulance comprenait trois tentes ouvrant sur