Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/503

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


patrie commune. J’eusse demandé toutes les rivières navigables pour tous, la communauté des mers et que les grandes armées permanentes fussent réduites désormais à la seule garde des souverains.

» De retour en France, au sein de la patrie, grande, forte, magnifique, tranquille, glorieuse, j’eusse proclamé ses limites immuables ; toute guerre future purement défensive ; tout agrandissement nouveau antinational. J’eusse associé mon fils à l’Empire ; ma dictature eut fini, et son règne constitutionnel eut commencé

» Paris eut été la capitale du monde et les Français l’envie des nations !…

» Mes loisirs ensuite et mes vieux jours eussent été consacrés, en compagnie de l’impératrice et durant l’apprentissage royal de mon fils, à visiter lentement, en vrai couple campagnard, avec nos propres chevaux, tous les recoins de l’Empire, recevant les plaintes, redressant les torts, semant de toutes parts et partout les monuments et les bienfaits. »

Lui, destiné par la Providence au rôle triste, servile de bourreau des peuples, était convaincu que le but de ses actes était le bien des peuples et qu’il pouvait guider des millions de destinées humaines et les orienter vers le bonheur.

« Des quatre cent mille hommes qui passèrent la Vistule, écrivait-il plus loin sur la guerre de Russie, la moitié était Autrichiens, Prussiens, Saxons, Po-