Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/504

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lonais, Bavarois, Wurtembourgeois, Mecklembourgeois, Espagnols, Italiens, Napolitains. L’armée impériale proprement dite était pour un tiers composée de Hollandais, Belges, habitants des bords du Rhin, Piémontais, Suisses, Genevois, Toscans, Romains, habitants de la 32e division militaire, Brême, Hambourg, etc. ; elle comptait à peine cent quarante mille hommes parlant français. L’expédition de Russie coûta moins de cinquante mille hommes à la France actuelle, l’armée russe, dans la retraite de Wilna à Moscou, dans les différentes batailles, a perdu quatre fois plus que l’armée française ; l’incendie de Moscou a coûté la vie à cent mille Russes, morts de froid et de misère dans les bois ; enfin, dans sa marche de Moscou à l’Oder, l’armée russe fut aussi atteinte par l’intempérie de la saison ; elle ne comptait à son arrivée à Wilna que cinquante mille hommes et à Kalisch moins de dix-huit mille. »

Il s’imaginait que la guerre contre la Russie s’était faite par sa volonté et l’horreur de ce qui se commettait ne frappait pas son âme. Il prenait hardiment sur soi toute la responsabilité de l’événement et son esprit voyait la justification dans ce fait que, parmi les centaines de mille hommes qui avaient péri, il y avait moins de Français que de Hessois ou de Bavarois.