Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/112

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— Rien, dit la comtesse. Si c’est prêt, alors partons.

Et la comtesse se pencha sur son réticule pour cacher son visage troublé. Sonia enlaça Natacha et l’embrassa.

Natacha la regarda interrogativement :

— Qu’as-tu ? Qu’est-il arrivé ?

— Rien… Rien…

— Quelque chose de très mauvais pour moi ? Qu’y a-t-il ? demanda la perspicace Natacha.

Sonia soupira et ne répondit rien. Le comte, Pétia, madame Schoss, Maria Kouzminichna, Vassilitch, entrèrent au salon. Après avoir fermé les portes, tous s’assirent, et, en silence, sans se regarder, restèrent ainsi quelques secondes.

Le comte se leva le premier puis, avec un profond soupir, se mit à se signer en regardant l’icône.

Tous firent de même. Ensuite le comte embrassa Maria Kouzminichna et Vassilitch qui restaient à Moscou et, pendant qu’ils cherchaient sa main et lui baisaient l’épaule, il leur tapotait légèrement le dos et marmottait quelques paroles vagues, consolantes et caressantes. La comtesse alla dans la chambre aux icônes et Sonia l’y trouva à genoux devant les quelques croix qui restaient aux murs. On emportait les icônes les plus précieuses d’après les traditions de famille.

Sur le perron et dans la cour, les gens qui par-