Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/122

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lence, Sophie Danilovna et ses enfants sont partis à la campagne près de Torjok.

— J’entrerai quand même. Je dois classer les livres, dit Pierre.

— Entrez, s’il vous plaît. Le frère du défunt (qu’il ait le royaume du ciel !), Makar Alexiévitch, est à la maison. Mais, comme vous le savez, il est faible d’esprit.

Pierre connaissait le frère de Joseph Alexiévitch, Makar Alexiévitch, un alcoolique à demi fou.

— Oui, oui, je le connais. Allons, allons… et il entra.

Un homme âgé, grand, chauve, le nez rouge, en robe de chambre et les pieds nus dans des galoches, était dans l’antichambre.

En apercevant Pierre, il marmonna méchamment quelque chose et s’éloigna dans le couloir.

— C’était un homme de grand esprit, et maintenant, comme vous pouvez le voir, il est devenu imbécile, dit Guérassime. Voulez-vous entrer dans le cabinet de travail ?

Pierre fit un signe de tête. Le cabinet était resté scellé.

— Sophie Danilovna a ordonné de remettre les livres si l’on venait de votre part.

Pierre pénétra dans ce même cabinet sombre où, du vivant du bienfaiteur, il entrait en tremblant.

Ce cabinet, maintenant tout poussiéreux et pas