Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/124

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— Non. Il me faut autre chose. Il me faut un habit de paysan et un pistolet, dit Pierre en rougissant.

— J’obéis, fit Guérassime en réfléchissant.

Pierre passa tout le reste de cette journée dans le cabinet de travail du bienfaiteur, en marchant de long en large et causant seul. Il se coucha sur le lit préparé pour lui ici même.

Guérassime, en domestique qui a vu beaucoup de choses surprenantes dans sa vie, accepta l’installation de Pierre sans aucun étonnement. Il semblait heureux d’avoir maintenant quelqu’un à servir. Le soir même, sans se demander pourquoi c’était nécessaire, il se procura pour Pierre un cafetan et un bonnet, et eut la promesse, pour le lendemain, du pistolet demandé.

Ce soir-là, Makar Alexiévitch, avec un bruit de galoches, s’approcha deux fois de la porte et s’arrêta en regardant Pierre d’un air flatteur. Mais dès que Pierre se retournait vers lui, avec gêne et colère, il refermait sa robe de chambre et s’éloignait hâtivement.

C’est quand Pierre, vêtu du cafetan de cocher acheté par Guérassime, allait avec celui-ci acheter le pistolet près de la tour Soukharéva qu’il rencontra les Rostov.