Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/165

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Elle est prête, Votre Excellence. Qu’ordonnez-vous de faire de Vereschaguine ? Il attend près du perron, demanda l’aide de camp.

— Ah ! s’écria Rostoptchine comme s’il était frappé d’un souvenir inattendu. Et ouvrant rapidement la porte, il sortit résolument sur le perron. Les conversations cessèrent aussitôt ; les chapeaux et les bonnets se soulevèrent et tous les yeux se portèrent sur le comte qui sortait.

— Bonjour, mes enfants ! dit le comte rapidement et à haute voix. Merci d’être venus. Je vais vous rejoindre à l’instant, mais auparavant, nous devons faire l’affaire d’un malfaiteur. Il nous faut punir le brigand qui a causé la perte de Moscou. Attendez-moi ! Et le comte, avec la même vivacité, rentra dans l’appartement en claquant fortement la porte.

Un murmure joyeux, approbatif, parcourut la foule : — Il va s’arranger avec tous les malfaiteurs ! — Et tu dis les Français… — Il te montrera tous les ordres ! disaient les gens comme en se reprochant mutuellement leur défiance. Quelques minutes après, la porte principale laissa passer un officier qui ordonna rapidement quelque chose et les dragons s’éloignèrent. La foule se porta précipitamment du balcon au perron. Rostoptchine, en colère, sortit à grands pas sur le perron, jeta un regard rapide autour de lui, comme s’il cherchait quelqu’un.

— Où est-il ? demanda Rostoptchine. Et ce