Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/221

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XXXI

Le valet de pied entra faire savoir au comte que Moscou brûlait. Le comte prit sa robe de chambre et sortit pour regarder. Sonia, qui n’était pas déshabillée, sortit avec lui ainsi que madame Schoss. Natacha et la comtesse restèrent dans la chambre (Pétia n’était plus avec ses parents, il était parti au-devant de son régiment qui marchait vers la Trinité).

À la nouvelle de l’incendie de Moscou la comtesse se mit à pleurer. Natacha, pâle, les yeux fixes, était assise sur un banc, sous les icônes (au même endroit où elle s’était assise en arrivant là) ; elle ne fit aucune attention aux paroles de son père. Elle écoutait les gémissements de l’aide de camp qu’on entendait, bien qu’il fût à trois maisons de là.

— Ah ! quelle horreur ! dit Sonia en revenant de la cour, transie et effrayée. Je pense que tout Moscou brûle. La lueur est effrayante ! Natacha, regarde