Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/239

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à tous les relais et les haltes, Natacha ne s’éloigna pas de Bolkonskï, et le docteur était obligé d’avouer qu’il n’attendait pas d’une jeune fille tant de fermeté ni tant d’habileté pour soigner un blessé.

Malgré toute l’horreur de la pensée que le prince André pouvait mourir en route (le docteur en était convaincu), dans les bras de sa fille, la comtesse ne pouvait faire d’observation à Natacha. Maintenant, vu les rapports qui s’étaient établis entre le prince André blessé et Natacha, il venait en tête, qu’en cas de guérison, les projets de mariage pourraient être repris ; mais personne — Natacha moins que les autres — n’en parlait. La question irrésolue de vie ou de mort, suspendue non seulement sur Bolkonskï mais sur toute la Russie écartait toute autre pensée.