Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/246

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Mon enfant chérie ! Mon enfant chérie ! brûlée ! brûlée !

— Mais où est-elle ? Où est-elle restée ? dit Pierre.

À l’expression animée de son visage, la femme comprit qu’il pouvait venir à son aide.

— Petit père, petit père ! s’écria-t-elle en le saisissant par les jambes… Bienfaiteur, calme mon cœur… Aniska, va, canaille, accompagne-le ! cria-t-elle avec colère à la servante, et sa bouche montrait encore davantage ses longues dents. Accompagne… Accompagne…

— Moi, moi… je ferai… moi, prononça Pierre rapidement d’une voix oppressée.

La servante sale sortit de derrière le coffre, arrangea sa tresse et, en soupirant, alla, pieds nus, en avant, sur le chemin.

Pierre semblait s’éveiller tout à coup à la vie après une longue syncope. Il redressa la tête, ses yeux s’illuminèrent d’un éclair de vie et, à pas rapides, il suivit la servante, la dépassa et se trouva rue Poverskaïa. Toute la rue était pleine de nuages d’une fumée noire.

Les langues de feu sortaient çà et là à travers les nuages. Une grande foule de gens se pressait devant l’incendie. Au milieu de la rue un général français disait quelque chose à ceux qui l’entouraient.

Pierre, accompagné de la fille, voulut s’appro-