Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/251

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XXXIV

Quand Pierre, après avoir fait des détours dans de petites ruelles, revint avec son fardeau près du jardin de Grouzinski, au coin de la rue Poverskaïa, au premier moment il ne reconnut pas l’endroit d’où il était parti chercher l’enfant : il était encombré de gens et d’objets sauvés des flammes. Outre les familles russes venues ici en échappant à l’incendie, il y avait quelques soldats français habillés diversement. Pierre n’y fit aucune attention. Il se hâtait de trouver la famille du fonctionnaire afin de rendre l’enfant à sa mère et d’aller de nouveau sauver quelqu’un. Il semblait à Pierre qu’il avait encore à faire beaucoup et le plus vite possible.

Réchauffé par l’incendie et la course, Pierre éprouvait maintenant, plus fort que jamais, les sensations de jeunesse, d’animation, de résolution, qui l’avaient saisi au moment où il partait sauver l’enfant. La fillette s’était apaisée et accrochait ses