Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/250

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Voilà votre moutard. Ah ! une petite, tant mieux. Au revoir, mon gros. Faut être humain. Nous sommes tous mortels, voyez-vous, et le Français à la joue tachée courut rejoindre ses camarades.

Pierre étouffant de joie courut vers la fillette et voulut la prendre dans ses bras. Mais en apercevant un inconnu, la fillette scrofuleuse, désagréable, ressemblant à sa mère, se mit à fuir en criant.

Cependant Pierre la rattrapa et la prit dans ses bras. Elle poussa un cri, de ses petites mains essaya de détacher les bras de Pierre et se mit à le mordre. Pierre était pris d’un sentiment d’horreur et de dégoût semblable à celui qu’il aurait éprouvé au contact d’un petit animal quelconque, mais il fit un effort sur soi pour ne pas abandonner l’enfant et courut avec elle à la grande maison. Déjà on ne pouvait passer par le même chemin : la servante Aniska n’était plus là, et Pierre, avec un sentiment de pitié et de dégoût, en serrant plus tendrement la fillette mouillée qui sanglotait, courut à travers le jardin, cherchant une autre issue.