Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/292

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VI

En arrivant à Moscou, après sa rencontre avec Rostov, la princesse Marie trouva là son neveu avec le précepteur et une lettre du prince André où il leur traçait leur itinéraire à Voronèje, chez la tante Malvintzeva. Les soucis du voyage, l’inquiétude au sujet de son frère, l’installation dans une nouvelle demeure, avec de nouvelles personnes, l’éducation de son neveu, tout cela étouffait dans l’âme de la princesse Marie le sentiment, semblable à la tentation, qui l’avait tourmentée pendant la maladie et après la mort de son père, surtout après sa rencontre avec Rostov. Elle était triste. Maintenant, après un mois d’une vie tranquille, elle sentait de plus en plus fortement l’impression de la perte de son père unie dans son âme à la perte de Rostov. Elle était troublée. La pensée des dangers que courait son frère, le seul être proche qui lui restât, la tourmentait sans cesse. Elle était inquiète pour