Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/320

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X

Le 8 septembre, dans le hangar des prisonniers entra un officier très important, à en juger par le respect que lui témoignaient les gardiens. Cet officier, de l’état-major, probablement, la liste des noms à la main, fit l’appel de tous les Russes. En appelant Pierre : Celui qui n’avoue pas son nom, il regarda avec pitié et nonchalance tous les prisonniers et ordonna à l’officier de service de les habiller convenablement avant de les conduire chez le maréchal. Une heure après arrivait une compagnie de soldats, et l’on emmena Pierre avec les treize autres, au champ Dévitché. Le jour était clair, ensoleillé après la pluie, et l’air était extraordinairement pur. La fumée n’emplissait pas les rues comme le jour où l’on avait fait sortir Pierre de la maison de détention du rempart Zoubov ; la fumée s’élevait dans l’air pur. On ne voyait nulle part les feux des incendies, mais de tous côtés se