Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/407

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ravant il n’y avait personne, se montraient maintenant deux bataillons de Polonais, il regarda de côté Ermolov (il ne lui parlait pas depuis la veille).

— Voilà, on demande d’attaquer, on propose divers projets et aussitôt qu’il faut agir, rien n’est prêt et l’ennemi prévenu prend ses mesures. Ermolov cligna des yeux et sourit un peu en écoutant ces paroles. Il comprenait que la tempête était passée et que Koutouzov se bornerait à cette allusion.

— C’est pour moi, fit tout bas Ermolov en touchant Raievsky qui se trouvait près de lui. Bientôt après Ermolov s’approcha de Koutouzov et lui dit respectueusement :

— Le temps n’est pas perdu, Votre Altesse. L’ennemi ne s’est pas enfui. Ordonnez-vous une attaque ?… Autrement la garde ne verra pas même la fumée.

Koutouzov ne répondit rien, mais quand on lui rapporta que les troupes de Murat reculaient, il ordonna l’attaque. Mais tous les cent pas il s’arrêtait pour trois quarts d’heure.

Toute la bataille se résumait à l’exploit des Cosaques d’Orlov Denissov. Les autres détachements perdirent en vain quelques centaines de soldats.

Pour cette bataille Koutouzov reçut une décoration de diamants, Benigsen reçut aussi des diamants et cent mille roubles, les autres, suivant leurs grades, reçurent aussi beaucoup de choses agréables