Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/413

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tude à quel degré était réellement son génie, en Égypte, où quarante siècles regardaient sa grandeur, parce que tous ses grands exploits n’ont été décrits que par des Français. Nous ne pouvons avoir une idée juste de son génie en Autriche et en Prusse, puisque nous n’avons que des sources allemandes et françaises pour en juger, et le fait que des corps d’armée se rendaient sans livrer bataille et des forteresses sans subir le siège, a dû obliger les Allemands à reconnaître le génie pour seule explication des guerres qui eurent lieu en Allemagne. Mais, grâce à Dieu, nous n’avons pas besoin de reconnaître son génie pour cacher notre honte. Nous avons payé le droit d’envisager les faits simplement et nettement, et nous ne perdrons pas ce droit.

Son activité à Moscou est étonnante et géniale comme partout. Depuis son entrée à Moscou jusqu’à sa sortie, les ordres succèdent aux ordres, les plans aux plans. L’absence des habitants et de la députation et l’incendie même de Moscou ne le troublent pas. Il ne perd de vue ni le bien de son armée, ni les actes de l’ennemi, ni le bien du peuple russe, ni la direction des affaires de Paris, ni des considérations diplomatiques sur les conditions de la paix prochaine.