Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/44

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Hélène était émue, et plusieurs fois, — comme M. Jobert, — ses yeux se mouillèrent de larmes, sa voix trembla. La danse à laquelle un cavalier vint inviter Hélène mit fin à sa conversation avec son futur directeur de conscience, mais le lendemain, M. de Jobert vint seul le soir chez Hélène, et depuis devint un assidu de sa maison.

Un jour, il conduisit la comtesse à l’église catholique, et elle tomba à genoux devant l’autel où il la mena. Un Français, pas jeune, charmant, lui posa la main sur la tête et, comme elle le racontait après, elle sentit quelque chose, comme un souffle de vent frais qui lui descendait dans l’âme. On lui expliqua que c’était la grâce.

Ensuite on lui amena un abbé à robe longue. Il la confessa et lui donna l’absolution. Le lendemain, on lui apporta une boîte où se trouvait une hostie et on la laissa chez elle. Quelques jours après, Hélène apprit, à sa joie, qu’elle était entrée dans la vraie Église catholique, que ce jour le pape lui-même en serait informé et lui enverrait un papier quelconque.

Tout ce qui se passait, pendant ce temps, autour d’elle et à son sujet, toute cette attention, tournée sur elle, de tant de gens intelligents et qui s’exprimaient sous une forme agréable et raffinée, la pureté de la colombe, état dans lequel elle se trouvait maintenant (tout ce temps elle portait une robe blanche à rubans bleus), tout cela lui faisait plaisir,