Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/441

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— il avait la cholérine — que de la peur de rester.

Pierre, dans des chaussures faites par Karataïev avec le cuir d’une caisse de thé qu’un Français avait apporté pour un ressemelage, Pierre, ceint d’une corde, s’approcha du malade et s’assit devant lui, sur le bout des pieds.

— Hein, Sokolov, ils ne partent pas tout à fait ! Ils ont ici un hôpital. Tu seras peut-être encore mieux que nous, dit-il.

— Oh Dieu ! Oh ! la mort ! Oh Dieu ! gémissait encore plus fort le soldat.

— Mais je le demanderai encore, dit Pierre. Il se leva et se dirigea vers la porte de la baraque. Pendant ce temps, du dehors s’approchait, avec deux soldats, le caporal qui la veille offrait à Pierre une pipe. Le caporal et les soldats étaient en tenue de campagne avec gibernes et casques, ce qui changeait leurs physionomies bien connues de Pierre.

Le caporal venait à la porte sur l’ordre du chef, afin de la fermer. Avant la sortie, il fallait compter les prisonniers.

Caporal, que fera-t-on du malade ? commença Pierre ; mais au même moment, il se demandait si c’était le caporal qu’il connaissait ou un inconnu, tellement le caporal était changé. En outre, pendant que Pierre prononçait ces paroles, des deux côtés résonna tout à coup le bruit des tambours. Le caporal fit la grimace aux paroles de Pierre, il proféra une injure grossière