Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/137

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


études et même montrer comment il faut se tenir et comment il faut enseigner. Et il n’y a qu’un inspecteur pour trois ou cinq cents écoles de province. Or, pour avoir le droit de donner un conseil quelconque au maître, il faut étudier chaque école au moins une semaine, et il n’y a que trois cent soixante-cinq jours par année. Et ces fonctionnaires coûteront près de deux cent mille roubles !

Dans l’article 79, il est dit que l’inspecteur, pour éviter la paperasserie, doit s’occuper personnellement des choses de l’enseignement. Dans les articles suivants, on notifie à l’inspecteur ce qu’il doit exiger des maîtres.

L’article 86 fixe les indemnités des inspecteurs, pour chaque inspection, et il en ressort que le désir des auteurs du projet est que l’inspection ne soit pas théorique mais réelle. Mais la situation elle-même de ce fonctionnaire écarte la possibilité de l’inspection réelle. Un ancien élève de l’Université, professeur de lycée ou de faculté, qui, par conséquent, n’a jamais eu affaire au peuple et aux écoles populaires, est obligé, en résidant dans une ville et administrant une chancellerie — dossiers des instituteurs, récompenses, bulletins, etc. — de diriger des écoles dans lesquelles il ne peut aller plus d’une fois par an (à peine). Je connais des directeurs de lycée qui se trouvent dans cette situation, qui s’occupent avec ardeur et amour des écoles paroissiales et qui, à chaque pas, pendant les révisions, pen-