Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/150

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ainsi qu’il a été fait en Amérique, d’autant plus que l’école gouvernementale sera gratuite. L’autorité supérieure sur les écoles sera concentrée en la personne d’un inspecteur des écoles, instruit, connaissant bien son affaire et tout à fait indépendant. Cette personne, matériellement garantie et n’étant liée à aucune formalité de chancellerie, visitera toujours les écoles, procédera aux examens et suivra personnellement les succès des études.

Comme c’est bien ! semble-t-il. On voit dans toute la Russie des maisons d’école aux toits de zinc, dons des curateurs ou des curatrices. On voit, à l’heure fixée par le ministère, les élèves qui, les sacs sur le dos, arrivent de divers villages. On voit un maître instruit qui a étudié les meilleures méthodes, et une curatrice pleine d’amour pour cette œuvre, qui assiste aux classes et surveille les études. On voit un inspecteur qui visite l’école plusieurs fois par an, qui connaît bien le maître et presque tous les élèves et qui donne au maître des conseils pratiques. On voit le bonheur et l’aisance des parents qui assistent à l’examen et attendent pour leurs enfants les récompenses et le certificat. Et on voit cela dans toute la Russie. On voit combien rapidement se dissipent les ténèbres de l’ignorance ; et le peuple grossier, illettré, devient tout autre, instruit et heureux !

Mais il n’en sera pas ainsi. La réalité a ses lois et ses exigences. Autant que je connais le peuple,