Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/17

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tion du peuple. Le peuple, jusqu’ici, se soumet lentement et de mauvais gré à cette action.

La société enseignante avait probablement des motifs quelconques pour croire que l’instruction qu’elle possédait dans une certaine forme était le bien pour un certain peuple à une certaine époque historique.

Quels étaient donc ces motifs ? Quelles raisons a l’école d’aujourd’hui d’enseigner telle chose et non telle autre, de suivre un système plutôt qu’un autre ?

Toujours et dans tous les temps, l’humanité tâcha de donner et donna des réponses plus ou moins satisfaisantes à ces questions et, en notre temps, cette réponse est plus nécessaire que jamais. On peut forcer un mandarin chinois, qui n’a jamais franchi Pékin, d’apprendre par cœur les maximes de Confucius et de les inculquer aux enfants à coups de bâton. On pouvait faire de même au moyen âge, mais, en notre temps, où prendre cette force, cette foi en l’impeccabilité de notre savoir ? Qui pourrait nous donner le droit d’instruire le peuple de force ? Prenez n’importe quelle école du moyen âge, avant ou après Luther, prenez toute la littérature savante du moyen âge, quelle force, quelle foi l’on voit en ces hommes, quelle conscience ferme et inébranlable de ce qui est vrai et de ce qui est faux !

Il était facile, pour les gens instruits du moyen