Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/175

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exiger autre chose. En outre, le choix de la carrière du fils dépendra des parents plus que de qui que ce soit, de sorte que leur désir de l’élever à leur manière peut être regardé sinon comme juste du moins comme naturel.

La deuxième cause qui produit le phénomène de l’éducation, c’est la religion. Aussitôt qu’un musulman, ou un juif, ou un chrétien, croit fermement que celui qui n’embrasse pas sa doctrine ne peut être sauvé et perd son âme à jamais, il doit désirer, même par force, convertir un enfant et l’élever dans sa doctrine. Je répète encore une fois que la religion est la seule base légale et raisonnable de l’éducation.

La troisième cause, et la plus essentielle de l’éducation, se trouve dans le besoin qu’éprouve le gouvernement d’élever des hommes qui lui soient nécessaires pour un certain but. Pour répondre à ce besoin sont fondés le corps des cadets, les écoles de droit, les écoles des ingénieurs, etc. S’il n’existait pas de serviteurs du gouvernement, il n’y aurait pas de gouvernement ; s’il n’y avait pas de gouvernement, il n’y aurait pas d’État, alors cette cause aussi a une justification indiscutable. Enfin, la quatrième cause est dans le besoin de la société, de la société au sens étroit du mot, représentée chez nous, par la noblesse, la bureaucratie et une partie du commerce. Cette société a besoin d’aides et de membres.

Un phénomène remarquable : — et je demande