Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/178

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cols et de parler français, nous dit confidentiellement qu’elle est une martyre de ses devoirs, que toute la peine de l’éducation est perdue à cause de l’impossibilité d’éloigner tout à fait les enfants de l’influence de leurs parents, que ces élèves, qui commencent à oublier la langue russe et à parler très mal le français, qui commencent également à oublier la cuisine et à marcher pieds nus, qui, « grâce à Dieu, savaient déjà l’histoire d’Alexandre de Macédoine et la géographie de la Guadeloupe, hélas ! » oublient tout cela au contact de leurs familiers et reprennent de nouveau leurs habitudes vulgaires.

Cette institutrice, sans se gêner, devant ses élèves se moque de leurs mères et, en général, de toutes les femmes qui appartiennent à leur milieu, et elle regarde comme un mérite de changer les opinions et les idées de ses élèves en raillant leur milieu. Je ne parle pas même des circonstances particulières, artificielles, dans lesquelles vivent les élèves et qui doivent changer entièrement leurs idées.

À la maison tous les agréments de la vie — eau, gâteaux, bonne nourriture, dîner bien préparé, propreté et confort du logis — dépendent des travaux et des soins de la mère et de toute la famille : plus de travail et de soins, plus de confort ; moins de travail et de soins, moins de confort. C’est simple, je pense, plus instructif que la langue