Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/179

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


française et la vie d’Alexandre de Macédoine. Dans l’éducation sociale cette récompense permanente, vitale, du travail est écartée à un tel point que le dîner ne sera ni pire ni meilleur, les taies ni plus propres ni plus sales, les parquets ni mieux ni plus mal cirés, quelques soins que prenne l’élève, mais elle n’aura même pas son petit coin qu’elle puisse arranger à sa façon, elle n’aura pas sous la main de petits morceaux d’étoffes et de rubans pour se faire quelques colifichets. « On ne bat plus celui qui est par terre, diront quelques lecteurs, il n’y a rien à dire du pensionnat etc. » Non, ils ne sont pas à terre, ils sont debout et bien debout dans le système de l’éducation. Les pensionnats ne sont point pires que les lycées et les Universités.

À la base des uns et des autres il y a le même principe : le droit reconnu à un homme ou à un petit groupe d’hommes de faire des autres ce qu’ils voudront.

Les pensionnats ne sont pas à terre, il en existe des milliers et ils existeront parce qu’ils ont le même droit de donner l’instruction que les lycées et les universités. La différence est peut-être en cela que nous ne reconnaissons pas à la famille le droit de donner l’éducation qu’elle voudrait. Nous arrachons l’enfant à la mère indigne et nous le plaçons dans un asile, où une institutrice tout à fait pervertie est chargée de le corriger.