Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/191

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que nous, le public, n’aurions pas le droit d’exiger des professeurs la publication des livres d’après lesquels, durant trente ans, ils instruisent nos enfants et nos frères. Tandis qu’avec l’ordre de choses actuel les cours ne sont qu’une coutume amusante qui n’a aucun sens et qui est surtout amusante par l’importance avec laquelle on la met en pratique.

Je ne cherche pas les moyens de réformer les Universités. Je ne dis pas qu’en donnant aux étudiants le droit de soulever des objections pendant les conférences on pourrait améliorer l’enseignement universitaire. Tels que je connais les professeurs et les élèves, il me semble qu’en ce cas les étudiants se conduiraient comme des écoliers, feraient les libéraux, et que les professeurs ne pourraient pas avec calme, sans faire montre d’autorité, mener la discussion, et le résultat serait encore pis. Mais selon moi, il n’en résulte point que les étudiants doivent être obligés de se taire et que les professeurs aient le droit de dire tout ce qu’ils veulent. Il en résulte seulement que l’organisation de l’université repose sur des bases mauvaises.

On comprend l’université comme une institution qui correspond à son nom et à son idée fondamentale — la réunion d’hommes dans un but d’instruction mutuelle. Telle université qui nous est inconnue existe en divers endroits de la Russie. Dans les universités elles-mêmes, dans les cercles des étudiants, plusieurs d’entre eux se réunissent,