Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/197

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qui sont assis sur les deux premiers bancs ont des cahiers et écrivent. Parmi ces dix, six le font pour plaire aux professeurs, par un sentiment de servilité acquis par l’école et par le lycée. Quatre écrivent avec le désir très sincère de noter tout le cours, mais après la quatrième conférence ils l’abandonnent et c’est beaucoup si deux ou trois d’entre eux, c’est-à-dire un sur quinze ou sur vingt, inscrivent tout le cours. Il est très difficile de ne pas manquer une conférence. Dans les sciences mathématiques ou autres, si l’on manque une conférence, alors le lien est rompu. L’étudiant prend un manuel et, naturellement, une idée bien simple lui vient en tête : ne pas faire le travail inutile de la rédaction du cours quand on peut étudier la même matière d’après les manuels et les notes des autres. À la faculté des mathématiques comme à toute autre chaque professeur doit le savoir — il n’y a pas un élève qui puisse suivre toujours les conclusions et les démonstrations du professeur, si claires et si convaincantes soient-elles. Très souvent, pour l’élève il arrive un moment d’obscurcissement ou de distraction, il doit demander : comment, pourquoi, qu’y avait-il auparavant ? Le lien est rompu, et le professeur va plus loin. Le soin principal des étudiants (et je ne parle que des meilleurs), c’est de se procurer des notes ou des manuels avec lesquels ils puissent préparer leur examen. La majorité fréquente les cours soit parce qu’il n’y a rien à faire,