Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/198

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soit parce que c’est encore nouveau et pas encore ennuyeux, soit pour flatter les professeurs, et, dans des cas très rares, parce que c’est la mode, quand un des professeurs, — un pour cent, — est devenu populaire et que les étudiants jugent très bien posé de fréquenter ses cours. Presque toujours, au point de vue même des étudiants, les cours ne sont qu’une simple formalité, nécessaire seulement en vue des examens. La plupart des étudiants, pendant la durée des études ne s’occupent pas des cours mais de choses tout à fait étrangères au programme et définies par le cercle où ils se retrouvent. En général, on envisage les cours comme les soldats envisagent les exercices, et l’examen comme la revue, comme une triste nécessité. Le programme formé par le cercle, dans ces derniers temps, est très peu varié, puisque généralement c’est celui-ci : lecture et explication des anciens articles de Belinsky et des articles nouveaux de Tchernichevsky, Antonovitch, Pisarev, etc. ; en outre lecture des livres récents qui ont un grand succès en Europe, sans aucun lien ni rapport avec l’objet des études : Lews, Buckle, etc. Mais l’occupation principale c’est la lecture et la copie des livres défendus, Feuerbach, Molechott, Buchner et surtout Herzen, Ogarev. On copie tout non d’après la qualité mais suivant le degré de prohibition de l’ouvrage. J’ai vu chez les étudiants des quantités de livres recopiés, beaucoup plus vo-