Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/219

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rience et nous ne nous croyons pas le droit d’ouvrir une boutique où nous vendrions du goudron avec l’obligation de prendre chez nous une livre d’ambre ou de pommade par dix livres de goudron. Nous ne nous occupons pas de l’usage que les consommateurs feront de nos marchandises, nous croyons qu’ils savent ce qui leur est bon, et que pour nous, il suffit de deviner leurs besoins et d’y répondre. Il est possible qu’il ne se trouve qu’un maître de zoologie, qu’un professeur d’histoire du moyen âge, un pour la religion et un pour l’art topographique. Si ces professeurs font leurs leçons d’une façon intéressante, elles seront utiles malgré leur insuffisance apparente et le hasard. Je ne crois pas en la possibilité du cycle harmonique des sciences théoriquement inventé, mais je crois que chaque science librement enseignée se conforme harmoniquement au cycle du savoir de chaque homme. On dira peut-être qu’avec un programme aussi aléatoire on peut introduire dans le cours des sciences inutiles et même nuisibles et qu’il sera impossible d’enseigner plusieurs sciences parce que les élèves ne seront pas suffisamment préparés. À cela, je répondrai :

1o Qu’il n’y a pas de sciences nuisibles et inutiles pour qui que ce soit, mais qu’il y a le bon sens et les besoins de l’élève qui, avec la liberté de l’étude, ne permettraient pas l’enseignement des sciences inutiles et nuisibles s’il y en avait de telles ;