Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/24

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classique, théologique ; — tous sont mécontents de ce qui existe et ne savent pas ce qu’il faut précisément de nouveau, ce qui est possible. En suivant la marche de l’histoire de la philosophie, de la pédagogie, nous y trouvons non le critérium de l’instruction mais, au contraire, une idée commune qui, inconsciemment, est placée à la base de toutes les théories pédagogiques malgré leurs contradictions fréquentes, une idée qui nous convainc de l’absence de ce critérium. Eux tous, de Platon à Kant, tendent à un seul but : délivrer l’école du joug historique qui pèse sur elle. Ils veulent deviner ce qui est nécessaire à l’homme et, sur ces besoins établis avec plus ou moins de certitude, ils construisent leur nouvelle école. Luther impose l’enseignement des Saintes Écritures dans l’original et non d’après les commentaires des Pères de l’Église ; Bacon veut qu’on étudie la nature d’après la nature elle-même et non d’après les ouvrages d’Aristote ; Rousseau veut apprendre la vie par la vie même, comme il la comprend, et non d’après les expériences antérieures.

Chaque effort de la philosophie et de la pédagogie n’a d’autre objet que de délivrer l’école des éléments d’instruction que les générations antérieures ont considérés comme science, et de donner de nouveaux éléments répondant mieux aux besoins des jeunes générations. Cette idée seule, générale, qui en même temps porte une contradiction, se