Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/30

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quelles l’école doit répondre ne naissent que dans ces conditions de famille. Et chaque étude ne doit être que la réponse à la question provoquée par la vie. Mais l’école non seulement n’excite pas de questions, elle ne répond même pas à celles que provoque la vie. Elle répond toujours et perpétuellement aux mêmes questions que depuis quelques siècles déjà s’est posées l’humanité et auxquelles l’enfant n’a rien à voir. Par exemple : Comment fut créé le monde ? Quel fut le premier homme ? Que s’est-il passé il y a deux mille ans ? Quel pays est l’Asie ? Quelle est la forme de la terre ? Comment multiplie-t-on des centaines par des mille ? Qu’y aura-t-il après la mort ?, etc. Et aux questions que lui pose la vie, il ne reçoit pas de réponse, d’autant plus que selon la constitution policière de l’école il n’a pas le droit d’ouvrir la bouche, même pour demander d’aller aux cabinets, et doit employer des signes afin de ne pas troubler le silence ni interrompre la leçon. Et l’école est ainsi constituée parce que le but de l’école gouvernementale, établi généralement d’en haut, n’est pas de former le peuple mais de le plier à notre méthode, et, principalement, d’avoir l’école, et beaucoup d’écoles !

Mais s’il n’y a pas de professeurs ? Alors il faut en former, et si même dans ce cas il en manque, faire en sorte qu’un seul instituteur puisse instruire cinq cents enfants : mécaniser l’instruction,