Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/34

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fants, à l’age le plus heureux, il lui faut encore soustraire même les enfants de trois ans à l’influence de leurs mères, et l’on a inventé des établissements (Kleinkinderbewahranstalt, infantschools, salles d’asile) dont nous parlerons avec plus de détails. Il ne manque que l’invention d’une machine à vapeur qui remplacerait la nourrice. Tous sont d’accord que les écoles sont imparfaites (moi, je suis convaincu qu’elles sont nuisibles), tous sont d’accord qu’il faut y apporter beaucoup et beaucoup d’améliorations ; tous sont d’accord que ces améliorations doivent avoir pour but la plus grande commodité des élèves ; tous sont d’accord qu’on ne peut connaître ces commodités qu’en étudiant les besoins de l’âge des écoliers et, en général, les besoins de chaque classe particulière. Que fait-on pour cette étude difficile et compliquée ? Depuis plusieurs siècles chaque école est construite et organisée sur le modèle d’une précédente école, et dans chacune de ces écoles, la condition nécessaire c’est la discipline qui défend aux enfants de parler, d’interroger, de choisir un objet d’étude plutôt qu’un autre ; en un mot on a pris toutes mesures pour priver l’instituteur de la possibilité de décider quels sont les besoins de son élève.

L’instruction scolaire obligatoire exclut la possibilité de tout progrès. Et, cependant, quand on pense que des siècles durant on a répondu aux enfants sur des questions qu’ils ne posaient même pas,