Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/366

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se trouvent pas bien à l’école de Iasnaïa-Poliana et leurs études marchent mal. Il y a quelque chose de gêné, de maladif, dans leurs rapports envers l’école. Dans les écoles du dimanche que j’ai vues, j’ai observé le même phénomème.

C’est pourquoi tous les renseignements sur l’instruction libre d’adultes donnant de bons résultats nous seraient une acquisition précieuse. L’opinion du peuple sur l’école a beaucoup changé depuis sa fondation. Je parlerai de l’opinion ancienne dans l’histoire de l’école de Iasnaïa-Poliana.

Maintenant, dans le peuple, on dit qu’à l’école de Iasnaïa-Poliana « on apprend tout, toutes les sciences, et qu’il y a des maîtres si savants que c’est terrible : on dit qu’ils fabriquent le tonnerre et la foudre ! Cependant les enfants comprennent très bien et commencent à lire et à écrire. » Les uns, les riches postiers, donnent leurs enfants par ambition : « Ils apprendront toute la science et sauront même la division » ! (La division c’est la conception supérieure de la science à l’école.) D’autres parents pensent que le savoir est très avantageux, et la plupart d’entre eux envoient leurs enfants consciencieusement, par obéissance à l’esprit du temps. De tous ces enfants, les plus agréables pour nous sont ceux qu’on nous envoie sans raison, par hasard, mais qui aiment l’étude à un tel point que ce sont maintenant les pères qui se soumettent au désir des enfants et que, sentant eux-mêmes obs-