Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/411

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C’était tout. Il sentait lui-même que ce n’était pas bien, et il était triste. Voici ce qu’il a écrit sur Toula, et sans une rature.

Sur Toula. — « Quand j’étais encore petit, j’avais cinq ans, j’ai entendu les gens raconter qu’ils étaient allés à un Toula quelconque. Je ne savais pas du tout ce que c’était que ce Toula. Alors j’ai demandé à mon père : — « Père, ce Toula où vous allez, est-ce beau ? » Père dit : — « C’est joli. » Alors je dis : — « Père, emmène-moi avec toi pour que je voie ce Toula. » Père dit : — « Eh bien ! quoi, un dimanche je t’emmènerai avec moi. » J’en étais content et je me suis mis à courir et à sauter sur les bancs. Quelques jours après, c’était le dimanche. Quand je m’éveillai le matin, mon père était déjà dans la cour et attelait les chevaux. Je me mis à m’habiller et à me chausser bien vite. Quand j’ai été prêt à sortir dans la cour, les chevaux étaient déjà attelés. Je me suis assis dans le traîneau et nous sommes partis. On courait, les chevaux couraient, couraient ; on a fait quatorze verstes. J’ai aperçu une haute église et j’ai crié : — « Père ! En voilà une grande église ! » Le père a dit : — « Il y a une église moins haute mais plus jolie. » Et j’ai commencé à lui demander : — « Père ! entrons-y, je prierai Dieu. » Le père y est allé. Au moment où nous arrivions, tout à coup, on a sonné les cloches. J’ai eu peur et j’ai demandé à mon père ce que c’était et qui frappait des cymbales ? Et le père