Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/417

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un homme intelligent, talentueux, spécialiste pédagogue, et tout à fait indépendant vis-à-vis de moi. Que doit-il donc se passer pendant les révisions, etc., sans parler déjà du dérangement des études, de l’embrouillement que produisent les examens chez les élèves ?

Je suis maintenant convaincu de ceci :

Il est impossible, et pour le maître et pour l’étranger, de résumer toutes les connaissances de l’élève, de même qu’il est impossible de résumer les connaissances d’un homme en n’importe quelle branche. Si l’on menait un homme de quarante ans, intelligent, à l’examen de géographie, ce serait aussi stupide et étrange que de mener à un pareil examen un enfant de dix ans. L’un et l’autre ne peuvent que répondre par cœur et, en une heure, il est impossible d’apprécier leurs connaissances réelles. Pour connaître ce que sait chacun d’eux il faut passer avec eux des mois entiers. Là où sont introduits les examens (j’entends par là toute obligation de répondre aux questions posées), apparaît un nouvel objet, tout à fait inutile et qui exige un travail particulier, des capacités particulières, et cet objet s’appelle la préparation aux examens ou à la leçon. Un élève du lycée apprend l’histoire, les mathématiques, et, principalement, l’art de répondre aux examens. Je ne considère pas cet art comme un objet d’enseignement utile. Moi, maître, j’apprécie le degré des connaissances de mes élèves aussi exac-