Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/470

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Bertet, Kaïdanov, restent les seuls manuels. Elle est vieille, cette anecdote, que l’histoire des Mèdes est obscure et fabuleuse. On ne peut rien tirer de plus de l’histoire, pour les enfants qui ne comprennent pas l’intérêt historique. Les tentatives faites pour rendre l’histoire et la géographie artistiques et intéressantes, les récits biographiques de Groubé, de Bernadzki, ne satisfont ni l’exigence artistique, ni l’exigence historique, ni la logique du récit, ni l’intérêt historique, et, en même temps, avec les détails, ils atteignent des dimensions impossibles.

Il en va de même avec la géographie.

Quand on voulut convaincre Metrofanouchka d’apprendre la géographie, sa mère lui dit : « Pourquoi étudier tous les pays ? Le cocher t’emmènera où il faudra. » On n’a jamais rien dit de plus fort contre la géographie, et tous les savants du monde ne peuvent rien objecter à des arguments aussi indiscutables. Je parle tout à fait sérieusement. Pourquoi ai-je besoin de connaître où se trouve un fleuve ou la ville de Barcelone, quand, arrivé à l’âge de trente-trois ans, je n’ai pas eu besoin une seule fois de cette connaissance ? Et je suppose que pour développer mes forces spirituelles, la description la plus pittoresque de Barcelone et de ses habitants n’est pas nécessaire. Pourquoi Siomka et Fedka ont-ils besoin de savoir des détails sur le canal de Marie et les communications par eau, alors qu’il est peu probable