Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/49

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pouvons savoir ce qui est nécessaire aux futures générations, que nous nous sentons obligés d’étudier, que nous désirons étudier ces besoins, que nous ne voulons pas accuser d’ignorance le peuple qui n’accepte pas notre instruction, mais que nous-mêmes nous nous accusons d’ignorance et d’orgueil si nous pensons instruire le peuple à notre façon ? Cessons donc d’envisager l’opposition que fait le peuple à notre instruction comme un élément hostile à la pédagogie. Au contraire, voyons-y l’expression de la volonté du peuple qui seule doit guider notre activité. Reconnaissons enfin cette loi qui nous dit si clairement, et par l’histoire de la pédagogie et par l’histoire générale de l’instruction, que pour savoir ce qui est bon et ce qui ne l’est pas, celui qu’on instruit doit avoir le plein pouvoir d’exprimer son mécontentement, ou au moins d’esquiver l’instruction qui ne le satisfait pas. Reconnaissons qu’il n’y a qu’un seul critérium de la pédagogie : la liberté.

Dans notre activité pédagogique nous avons choisi cette dernière voie.

La base de notre activité, c’est la conviction que non seulement nous ne savons pas, mais même que nous ne pouvons savoir en quoi doit consister l’instruction du peuple, que non seulement il n’existe aucune science de l’instruction et de l’éducation — la pédagogie — mais qu’on n’a même pas encore posé sa première base, que la définition de la pédagogie