Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/50

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et de son but, au sens philosophique, est impossible, inutile et nuisible.

Nous ne savons pas ce que doivent être l’instruction et l’éducation ; nous n’acceptons pas toute la philosophie de la pédagogie, parce que nous ne pouvons pas admettre la possibilité qu’un homme sache ce qu’un autre homme a besoin de savoir. L’instruction et l’éducation nous apparaissent comme des faits historiques constitués par l’influence de certains hommes sur les autres, c’est pourquoi, selon nous, le but de la science de l’instruction n’est que la recherche des lois de cette influence des uns sur les autres. Non seulement nous n’accordons pas à notre génération la connaissance de ce qui est nécessaire au perfectionnement d’un homme, non seulement nous ne lui reconnaissons pas le droit de le savoir, nous croyons que si ce savoir existait chez l’humanité, elle ne serait pas libre de le transmettre ou non à la génération future. Nous sommes convaincu que la connaissance du bien et du mal, indépendamment de la volonté de l’homme, est propre à toute l’humanité et se développe inconsciemment avec l’histoire, qu’il est également impossible de greffer notre conscience, au moyen de l’instruction, à la génération nouvelle et de la priver de cette même conscience à ce degré supérieur où la mènera l’évolution historique.

Notre prétendue science des lois du bien et du