Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/65

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l’instruction indépendante et complète. Du lycée, un cinquième seulement des élèves n’entre pas à l’Université ; de l’école de district, un cinquième seulement va au lycée, et de l’école populaire un millième seulement va dans un établissement supérieur. Il en résulte que la correspondance entre l’école populaire et l’école supérieure est le but le moins important que doive poursuivre l’école populaire. Et cependant, ce n’est que par cette correspondance que peut s’expliquer l’opinion qui envisage les écoles populaires comme des lieux où il faut enseigner la lecture et l’écriture.

La discussion, dans notre littérature, sur l’utilité ou la nocivité de la lecture et de l’écriture, dont il était si facile de se moquer, est, selon nous, une discussion très sérieuse qui doit éclairer plusieurs points. Cependant, cette discussion n’a pas existé et n’existe pas que chez nous. Les uns disent qu’il est très nuisible pour le peuple d’avoir la possibilité de lire des livres et des revues que lui donnent à lire les partis politiques et les spéculateurs. On dit que l’art du lire et écrire fait sortir l’ouvrier de son milieu, lui suggère le mécontentement de sa situation, engendre les vices et l’abaissement de la moralité.

D’autres disent ou pensent que l’instruction ne peut être nuisible et qu’elle est toujours utile. Les uns sont des observateurs plus ou moins de bonne foi, les autres des théoriciens. Comme il