Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/94

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


vernement, croyant nécessaire de répandre l’instruction dans le peuple, et supposant que l’instruction du peuple n’est pas encore commencée, que celui-ci voit d’un œil hostile son instruction future, supposant que les statuts de 1828, qui défendent aux personnes n’ayant pas de droit spécial d’ouvrir des écoles et d’enseigner, sont observés, supposant que le peuple ne commence pas à s’instruire sans y être contraint et qu’ayant commencé à apprendre il ne pourra aller jusqu’au bout, le gouvernement impose au peuple un nouvel impôt, — plus lourd que tous les impôts existants — celui des écoles, et confie à des fonctionnaires du ministère de l’Instruction publique la direction de toutes les écoles nouvellement ouvertes, c’est-à-dire la nomination des maîtres, des professeurs, le choix des manuels. Le gouvernement, en vertu de l’impôt perçu, se charge de trouver et de nommer cinquante mille maîtres, d’ouvrir cinquante mille écoles.

Cependant, le gouvernement, jusqu’à ce jour, sentait bien qu’il avait fait faillite quant à la direction des écoles primaires et de district qui existent déjà. Tous savent et sont d’accord qu’il n’y a pas d’instituteurs.

Cette idée, si étrange pour chaque Russe qui connaît son pays, est obscurcie dans le projet par divers amendements, et par l’élargissement des droits dont, jusqu’ici, aucun Russe ne s’était douté.