Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/100

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tandis que le peuple qui sait compter et pour cause a probablement fait depuis longtemps le calcul dont j’ai parlé et voit clairement que ces écoles chères, dont chacune coûte quatre cents roubles, tout en étant bonnes, ne sont pas ce qu’il lui faut, par tous les moyens, s’efforce de diminuer les dépenses pour ces écoles.

Comment faut-il donc agir ? Que doivent faire maintenant les zemstvos pour que cette œuvre ne soit pas un jeu, une plaisanterie, pour qu’elle ait de l’avenir ? Il faut se conformer aux besoins du peuple : faire les écoles le moins cher possible, les délivrer de la forme et laisser aux communes les plus larges pouvoirs pour l’installation des écoles.

Pour cela il faut absolument que les zemstvos refusent de rassembler les impôts pour les écoles et de les répartir aux écoles de la province, mais laissent ce soin aux paysans eux-mêmes. La fixation du salaire du maître, la construction, l’achat ou la location de la maison d’école, le choix de l’emplacement et du maître lui-même, tout cela doit être entièrement laissé au gré des paysans. Le zemstvo, c’est-à-dire le conseil de l’école, doit se borner à demander aux communes de lui communiquer où et comment sont installées les écoles, et cela non pour interdire les écoles, comme on le fait maintenant, mais pour connaître leurs conditions d’existence et leur donner (si les conditions correspondent aux exigences du conseil de