Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/124

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long cou, introduis ta tête dans mon gosier et retire l’os qui y est resté, je t’en serai reconnaissant. » La grue plongea sa tête, retira l’os et dit : « Eh bien, donne-moi ma récompense. » Le loup grinça des dents et lui répondit : « N’est-ce pas une récompense suffisante que de ne t’avoir pas coupé la tête quand elle était entre mes dents. »


Le Lièvre et les Grenouilles.

Un jour les lièvres se réunirent et se mirent à se plaindre de leur vie. « Les hommes, les chiens, les aigles et tous autres animaux s’attaquent à notre vie, mieux vaut mourir une bonne fois que de vivre dans la crainte et le tourment. Allons nous noyer ! » Les lièvres coururent vers la mare pour s’y noyer. Les grenouilles entendant le trot des lièvres d’un bond furent dans l’eau. Un lièvre dit : « Attendez, mes enfants. Réfléchissons avant de nous noyer. Il est certain que la vie des grenouilles est pire que la nôtre puisqu’elles-mêmes ont peur de nous ! »


Le Père et ses Enfants.

Un père avait recommandé à ses fils de vivre en bonne intelligence. Ceux-ci ne lui obéirent pas. Il ordonna alors d’apporter un fagot et leur dit : « Cassez-le ! » Ils eurent beau s’y efforcer, ce leur fut impossible. Le père délia le fagot et leur com-