Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/147

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heureux que le faucon ait renversé la coupe. Si tu avais bu de cette eau, tu serais mort.

Et le roi dit :

— J’ai bien mal récompensé le faucon ; il m’a sauvé la vie et moi, je l’ai tué !


Le Roi et les Éléphants.

Un roi indien avait ordonné de lui amener tous les aveugles. Quand ils furent là, il ordonna de leur montrer ses éléphants. L’un tâta la jambe, l’autre la queue, un autre le bout de la queue, un autre encore le ventre, celui-ci le dos, celui-là les oreilles, cet autre les défenses, un autre enfin la trompe. Ensuite, le roi fit venir les aveugles près de lui et leur demanda :

— Comment sont mes éléphants ?

Un des aveugles, celui qui avait tâté les jambes, répondit :

— Tes éléphants sont semblables à des poteaux.

Celui qui avait tâté la queue, dit :

— Ils sont semblables aux balais.

Celui qui avait tâté le ventre, dit :

— Tes éléphants sont semblables à un tas de terre.

Celui qui avait tâté les côtes, dit :

— Ils ressemblent à un mur.

Celui qui avait tâté le dos, dit :