Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/156

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Alors le noisetier se fâcha et dit :

— Eh bien, j’étoufferai ton petit chêne, et il ne vivra pas même trois jours.

Le chêne ne répondit rien et ordonna à son fils de sortir du gland.

Le gland s’humecta, éclata, un côté de sa pousse s’enfonça dans la terre, l’autre se dressa dans l’air.

Le noisetier l’étouffait et ne lui donnait pas de soleil, mais le petit chêne grandissait, et, à l’ombre du noisetier, il devint encore plus vigoureux. Cent ans se sont écoulés. Le noisetier est desséché depuis longtemps et le chêne, issu du gland, s’est élevé jusqu’au ciel et étend ses branches de tous les côtés.


La Poule et les Poussins.

Une poule avait des poussins et ne savait comment les abriter. Elle leur dit :

— Rentrez dans votre coquille ; quand vous y serez, je me mettrai sur vous, comme autrefois, et vous abriterai.

Les poussins obéirent et essayèrent de rentrer dans leur coquille ; mais ils ne pouvaient y parvenir et abîmaient leurs ailes. Alors un des poussins dit à sa mère :

— Si nous devons rester éternellement dans notre coquille, il valait mieux ne pas nous faire éclore.