Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/157

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Le Râle de genêt et sa Famille.

Un râle de genêt avait tardivement fait son nid dans un champ ; quand vint la fenaison, la femelle couvait encore. De grand matin, les paysans vinrent au champ, ôtèrent leurs cafetans, aiguisèrent leurs faux et, se mettant à la file, commencèrent à couper l’herbe qu’ils couchaient sur une ligne. Le râle de genêt voletait pour observer les faucheurs. Quand il s’aperçut qu’un paysan, levant sa faux, coupa en deux un serpent, il se réjouit, accourut près de sa femelle et dit :

— Ne crains rien des paysans, ils sont venus pour couper les serpents qui nous nuisent depuis si longtemps !

Sa femme lui dit :

— Les paysans coupent l’herbe, et, avec l’herbe, tout ce qui s’y trouve : serpents, nids, et têtes de râles de genêt. Mon cœur ne présage rien de bon, cependant je ne puis ni emporter mes œufs, ni les quitter et les laisser refroidir.

Quand les faucheurs arrivèrent au nid du râle de genêt, un paysan agita sa faux et coupa la tête de la femelle. Il prit les œufs dans son gousset et les donna à ses enfants.


La Vache et le Bouc.

Une vieille femme avait une vache et un bouc.