Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/167

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Le Veau sur la glace.

Un veau sautait dans son étable ; il apprit ainsi à faire des tours et des détours. Quand l’hiver vint, on envoya le veau avec le troupeau boire à la source entourée de glace. Toutes les vaches s’approchèrent avec précaution de l’abreuvoir. Le veau courut étourdiment sur la glace, levant la queue, dressant l’oreille, et se mit à tourner. Au premier tour il glissa et se heurta à l’abreuvoir. Alors il se mit à pleurer :

— Malheureux que je suis ! Dans la paille jusqu’aux genoux je sautais sans tomber, et ici, dans un endroit aussi uni, je me laisse glisser.

Une vieille vache lui dit :

— Si tu n’étais pas si jeune, tu saurais que là où il est plus facile de sauter, il est aussi plus difficile de se retenir.