Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/173

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fant avait très peur, il s’accrochait de ses petits bras et ne lâchait pas prise. Alors Vania cria à Macha :

— Tire-le par la tête !

Lui-même le poussa par derrière. Ce fut ainsi qu’ils le sortirent par la fenêtre dans la rue.


Le Vieux Cheval.

Dans notre pays vivait un très vieil homme, Pimen Timothéitch. Il avait quatre-vingt-dix ans. Il ne faisait rien et demeurait chez son petit-fils. Il avait le dos tout voûté, s’appuyait sur un bâton pour marcher et traînait avec peine ses jambes. Il n’avait plus qu’une seule dent, son visage était ridé, sa lèvre inférieure tremblait : lorsqu’il marchait, quand il parlait, ses lèvres se mettaient à trembler et on ne pouvait comprendre ce qu’il disait.

Nous étions quatre frères et tous quatre aimions monter à cheval. Mais nous n’avions pas de monture assez douce pour nous ; on ne nous laissait qu’un vieux cheval appelé Voronok.

Un jour, notre mère nous permit une promenade, et nous courûmes tous à l’écurie avec notre sous-maître. Le cocher nous sella Voronok, et l’aîné monta le premier. Il chevaucha longtemps, il alla jusqu’à la grange, fit le tour du jardin ; quand il fut près de nous, nous lui criâmes :

— Eh bien ! au galop, maintenant !