Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/172

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Déjà les gerbes flambaient et pétillaient. Quand le vestibule fut plein de fumée, Macha, prise de peur, se précipita dans l’isba. Kiruchka tomba sur le seuil, s’écorcha le nez et se mit à pleurer. Macha l’entraîna dans l’isba, et tous deux se cachèrent sous le banc.

La grand’mère n’avait rien entendu et dormait toujours. L’aîné, Vania (il avait huit ans), se trouvait dans la rue. Voyant une épaisse fumée s’échapper du vestibule, il courut à la porte, pénétra dans l’isba à travers la fumée et réveilla la grand’mère. Celle-ci effrayée, à demi endormie et étourdie, se précipite dehors sans penser aux enfants, et va de cour en cour, chercher de l’aide. Macha, toujours accroupie sous le banc, se taisait ; mais le petit garçon poussait des cris, car il s’était fait grand mal au nez. Vania l’entendit, regarda sous le banc et cria à Macha :

— Cours vite, tu vas être brûlée.

Elle courut au vestibule, mais la flamme et la fumée l’empêchèrent de passer. Elle dut revenir sur ses pas. Alors Vania ouvrit la fenêtre et lui ordonna de sortir par là. Quand elle fut dehors, Vania saisit son frère et l’entraîna. Mais l’enfant était lourd et résistait ; il pleurait et repoussait Vania. Deux fois, Vania tomba avant d’avoir pu le traîner jusqu’à la fenêtre. La porte de l’isba brûlait déjà. Il passa la tête du petit dans l’ouverture de la fenêtre et voulut le pousser dehors ; mais l’en-